« Le jour de la rafle, Raymonde Nathanson (7 ans) était en vacances à La Besace. »
Cette phrase de Robert Pingard, agriculteur retraité ayant gardé une très bonne mémoire des Juifs de la WOL, m’intrigue : le terme « vacances » est surprenant, et pourquoi La Besace ?
Je dois remercier Jean Fourile, de La Besace, madame Goffinet née Deland’huy et Madame Majoie, amies d’Evelyne Cailac, Robert Maignan, son époux, et surtout Guy Lecuivre, fils du maître d’école de l’époque, pour leurs témoignages passionnants et précis sur les Juifs de Mouzon et le sauvetage de Raymonde par Gabriel et Sara Cailac, du café de La Bagnole.
Sans eux, je n’aurais pas recherché Raymonde, qui devait être « en Amérique »…
Après une quête de 4 ans, j’ai fini par la retrouver. C’était déjà extraordinaire, mais la suite fut indescriptible.
Elle a réuni sa famille, décimée par la Shoah. Venus d’Espagne, d’Israël, de Londres, de Paris, de New-York, Los Angeles et Las Vegas ils se sont retrouvés à Bulson
pour honorer la mémoire de David et Lyba-Esther, en présence d’habitants du village et de sympathisants.
La cérémonie brève et simple, fut d’une intensité digne de funérailles auxquelles ils n’ont pas eu droit.
Une réception conviviale en mairie a permis des échanges chaleureux, malgré la barrière de la langue.
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Mouzon 21 Juin, retrouvailles de Raymonde et de Robert Maignan, gendre de ses sauveteurs, Sara et Gabriel CAILAC |
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Bulson 22 Juin Bernard , Guy et Robert Pingard, témoins et compagnons de classe des enfants Juifs sous l'occupation. |
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Bulson 22 Juin; lecture par Phillip, époux de Raymonde.
à gauche, Pierre-André Van Copenolle, Maire
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La Besace , 21 Juin Avec Guy Lecuivre,
qui restitue les souvenirs perdus.
Bulson 22 Juin. Dépôt de bougies et de galets rituels, par Raymonde , devant la stèle portant les noms de ses parents exterminés.
Comment peut-on imaginer, à 7 ans, quitter ses parents pour des « vacances », puis découvrir 2 ou 3 ans plus tard qu’on ne les reverra plus jamais, qu’ils sont déclarés morts, que leurs corps ont disparu et que personne ne peut expliquer pourquoi ?
Aujourd’hui personne ne peut davantage expliquer pourquoi une folie totalitaire a pris corps à l’échelle
d’un continent entier, en vain, puisque le peuple Juif a survécu.
Mais si nous avons pu en douter durant un demi-siècle, nous savons maintenant qu’elle peut récidiver sur ce même continent, comme en Serbie.
C’est pourquoi notre action est d’actualité, contrairement à ce que d’aucuns pensent, qui s’agacent en disant : « Encore une commémoration … ! » ou «
tout ça, c’est du passé… »
Pénible passé insupportable, horrible et traumatisant, sauf que l’apprendre est le seul moyen de, peut-être, ne pas le revivre.
C.Dollard-Leplomb
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Le 6 Juillet, avait lieu, à titre posthume, la remise de médailles des Justes aux ayant-droit de Lucien Achart, de Lalobbe, ayant caché et sauvé Suzanne Basch, laquelle est devenue sa bru après la guerre, et qui était présente à la cérémonie.
Etaient honorés également Georges et Lucienne Dereims. Cette dernière, fille de Lucien Achart sauva Suzanne en l’envoyant chez son père. Avec son mari, elle sauva la
famille Einhorn, oncle et tante de Suzanne,en les cachant dans leur ferme à Remaucourt , avant de leur trouver une filière pour rentrer à Paris.
Le maire de Givet, Monsieur Wallendorff, après avoir déploré l’absence des représentants de l’Etat, remercia les nombreux élus présents, du département ou d’outre-Quièvrain. Il salua aussi le
travail d’AFMD ayant mis à jour une histoire jusqu’alors méconnue.
Jérôme Lelong, retraça l’histoire de ses bisaïeuls et trisaïeuls, ainsi que de son arrière-grand-tante Suzanne. Agée de 18 ans, à Paris, elle voit disparaître petit à petit au hasard des rafles , tous les membres de sa famille , y compris un bébé. Se retrouvant seule, elle vient clandestinement rejoindre un oncle et une tante à Remaucourt…
« Ils avaient pas trop à manger, moi j’avais une grosse ferme, je leur donnais des œufs, une soupe au lait » puis « ils ont demandé pour qu’on les cache , on les a cachés …On était hardis ! On pouvait partir en Allemagne aussi, vous savez.: j’avais trois gamines .Quand on repense à tout ça ! Suzanne, je l’ai conduite chez mon père .Il disait : c’est ma petite-fille de Vouziers. »
Ainsi parlait Lucienne Dereims en 1999, dans un témoignage enregistré par Pierre Coulon, écrivain ardennais.
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de gauche à droite :

L'exposition se décline en deux grandes parties : un ensemble de panneaux portant sur la déportation, prêt de l'AFMD 08, et de nombreux documents concernant la famille Cyminski, dont de nombreuses photographies ainsi que les fac-similés des documents ayant servi à l'étude, leur reproduction nous ayant été aimablement autorisée par les Archives départementales (voir ici)...
Hélène Cyminski, enlevée par la Gestapo à Rethel le 4 janvier 1944, gazée à Auschwitz le 2 juin.


