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Dimanche 27 janvier 2008
        Dimanche 27 janvier, une cérémonie commémorative a eu lieu  au 1, rue Dubois-Crancé, là où vécurent et où furent arrêtés Icko, Rachel et Hélène Cyminski. A cette occasion, et après les intervention des représentants des collectivités locales et territoriales, du sous-préfet et celle de Christine Dollard-leplomb au nom de l'AFMD, les élèves de l'école Mazarin ont lu un poème et déposé des roses au pied de la plaque (sur laquelle manque le "c" d'Icko...).
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Dimanche 13 janvier 2008


L'exposition se décline en deux grandes parties : un ensemble de panneaux portant sur la déportation, prêt de l'AFMD 08, et de nombreux documents concernant la famille Cyminski, dont de nombreuses photographies ainsi que les fac-similés des documents ayant servi à l'étude, leur reproduction nous ayant été aimablement autorisée par les Archives départementales (voir ici)...












Hélène Cyminski, enlevée par la Gestapo à Rethel le 4 janvier 1944, gazée à Auschwitz le 2 juin.
Dimanche 6 janvier 2008

4 et 6 Janvier : triste anniversaire de la rafle des Ardennes.

        Je pense à Rosette et Ginette, jeunes filles arrachées à coup de crosse et de pied à la douceur de Champigneul-sur-Vence, chargées sur un camion débâché, sous la neige, et dont les derniers mots sont pour la garde-barrière de Saint-Pierre : « Vous direz au-revoir à Lucienne et Marie-Rose… »

    Je pense au petit René Kornberg, le plus jeune déporté des Ardennes, âgé de 5 mois et demi, et à la détresse de sa maman, infirmière.

Je pense aux  41 enfants et aux 34 jeunes gens de 18 à 25 ans, parmi lesquels Maurice, 11 ans, si vif et joyeux, Henri, 11 ans, si studieux, Mina, 22 ans, si belle, Micheline, 15 ans, si courageuse…

    Je pense à leurs descendants, hantés par l’incompréhensible, et par le vide vertigineux  laissé par l’absence de tombe : là s’exprime fondamentalement l’inhumanité des nazis. Pensons qu’aux origines de l’humanité, ce qui a distingué l’Homme de l’animal, c’est le fait qu’il enterre ses morts.

    De tous temps, mêmes aux  plus cruels, sur les champs de bataille, on a inhumé les ennemis. A défaut, on a signalé le corps, mis le casque sur un bâton hâtivement planté, entassé quelques cailloux…

    La volonté des nazis d’effacer toute trace de leur crime, mais aussi de la vie antérieure des victimes en faisant disparaître la mémoire de leurs noms, fait qu’ils se rejettent eux-mêmes en dehors de l’humanité, décidant « de faire disparaître ce peuple de la face de la terre » (Himmler)  comme on le fait pour les poux, les virus… c’est-à-dire sans épargner les enfants, au contraire : il fallait exterminer toute mémoire possible, tout récit, toute parole possible.

    Le prétexte « de ne pas laisser grandir des enfants qui  se vengeraient sur nos fils et nos petits-enfants. » (Himmler) était fallacieux  du simple point de vue du nombre !
La véritable raison, attestée par l’action des négationnistes actuels, est l’extermination  du verbe, de la mémoire, de l’Histoire, tout ce qui distingue l’Homme de l’animal.

    C’est pourquoi penser aux déportés, écrire et relire leurs noms, chercher les documents, les photos, les souvenirs qui apportent tant de joies (pourtant douloureuses) à leurs descendants privés de souvenirs sont d’abord des actes naturels plus que des devoirs.
 Ce sont aussi des actes d’avenir : l’idéologie nazie, la peste brune, est toujours vivante. Son éradication relève de la tentation totalitaire : seul le perpétuel travail de parole permet de la circonscrire. Je souhaite  que 2008 voie de nouveaux adhérents convaincus rejoindre AFMD08, pour nous aider à développer l’action auprès des jeunes, à construire et consolider chez eux les valeurs humanistes fondamentales universelles .

Christine DOLLARD-LEPLOMB


par C. Dollard-Leplomb / J. Levy publié dans : Actualité de l'association
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