Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Archives

15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 07:05

À la suite de la publication dans le journal L’Union de l’article L’hommage aux déportés passe aussi par la reconnaissance de leur mort, l’AFMD communique :

L'acte de décès est le document officiel, établi par la mairie du lieu de décès, attestant de l'identité d'une personne décédée. (En complément, cf. art. 79 et 91 du Code Civil).
C'est précisément la raison pour laquelle les nazis avaient établi pour des déportés la catégorie NN, Nacht und Nebel (« Nuit et Brouillard »), ou encore  Nomen Nescio (« Nul ne sait le nom »). Le but était de les faire disparaître à tout jamais, d'effacer toute trace, d'exterminer tout souvenir, toute mémoire de la personne et donc de son nom.
Pour cette raison, le premier stade de la déshumanisation était la perte du nom, remplacé par un numéro, sauf pour ceux qui étaient gazés dès leur arrivée. Nikolaï Subarev, déporté soviétique à Sachsenhausen, déclarait en 1945 : "Je ne suis pas en mesure de décrire toute l'horreur subie dans les camps; je me contenterai de dire qu'on y perdait son nom pour n'être plus qu'un numéro." Pour finir les corps anonymes étaient empilés comme des bûches, les cendres étaient jetées au sol, comme des rejets de la grande industrie des camps , sans sépulture, sans rite, et surtout sans homélie, prière ou paroles d'adieu. N'oublions jamais qu'aux origines, ce qui a distingué l'Homme de l'animal c'est le fait qu'il enterre ses morts.

On mesure donc l'importance de l'enjeu du travail de mise à jour de l'état-civil qui reste à effectuer. La loi récente de 2011 doit permettre de le favoriser. C'est un travail long et difficile, peu visible, mais c'est un devoir qui s'impose et qui requiert une mobilisation importante et sans faille, au vu de la tâche qui reste à accomplir, notamment pour les déportés qui n'ont pas d'acte de décès et dont le décès n'a pas été constaté.
De ce point de vue, l'article de Sandrine Beigas est une contribution importante et à saluer, car le premier travail est la prise de conscience par l'information. Sa diffusion dans  l'Union, quotidien local, permet au plus grand nombre de cerner précisément un sujet qui nous regarde tous.
En effet, cette question des actes absents et mentions manquantes restait jusqu'ici méconnue car cantonnée dans la sphère des familles concernées, des historiens, des associations de mémoire… Or la mémoire n'appartient à personne et nous en sommes tous responsables. Notre mémoire est la seule tombe de ceux qui ont disparu dans les camps : soyons dignes, ne l'instrumentalisons pas !

La paix, le droit et la cohésion citoyenne (Liberté, Egalité, Fraternité) n'ont jamais été autant menacés depuis 1945. En ces temps de résurgence de la peste brune et d'idéologies populistes délitant à grande vitesse les constructions humanistes, républicaines et européennes, forgées au prix de tant de sang et de crimes,  c'est l'affaire de tous de les défendre, d'apprendre, de dire, de transmettre, que ce soit en lisant un article de fond, documenté, ou en écoutant les poètes :


« Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les Juifs, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas Juif.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les catholiques, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas catholique.

Et lorsqu’ils sont venus me chercher, il n’y avait plus personne pour protester. »
(MARTIN NIEMÖLLER,  Arrêté en 1937 et envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen puis de Dachau. Libéré du camp par la chute du régime nazi, en 1945. )

 

"Puisque les morts ne peuvent plus se taire, est-ce aux vivants de garder leur silence ?" (Jean Tardieu, L'honneur des poètes, 1943)

"Citer, c'est ressusciter" (proverbe kabyle)

 

 Chacun peut  engager personnellement des démarches concernant un déporté, merci de nous en informer éventuellement. Voici les dispositions légales, sur le site de l'Office National des Anciens combattants et victimes de guerre:

http://www.onac-vg.fr/files/uploads/file/ONACVG_CONDITIONS_MENTION_MORT_EN_DEPORTATION.pdf

 

 Christine Dollard-Leplomb

 

Partager cet article

Repost 0
Published by afmd 08
commenter cet article

commentaires