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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 13:59

Alors que le Mémorial de la Shoah consacre une grande exposition aux enfants dans la Shoah, on se dispute au conseil municipal de Rethel pour savoir s’il convient de dépabtiser l’école Mazarin afin de lui donner le nom d’Hélène Cyminski.

Cette proposition a été déposée par le groupe d’opposition de gauche au conseil (« Rethel ensemble »), à la suite de la cérémonie du souvenir des déportés du 29 avril dernier. Pour ces élus, il semble important « que le nom d’Hélène Cyminski et son souvenir restent indissociables de l’école qu’elle avait fréquentée. De fait, donner à une école le nom d’une ancienne déportée est un acte porteur de valeur qui peut ainsi servir de relais entre les différentes générations » ( dans Rethel infos n° 13, juin 2012).

Rappelons que durant l’Occupation, Hélène habitait face à l’école, et qu’aujourd’hui une plaque commémorative rappelle au souvenir de cette famille rethéloise décimée par les nazis. On sait que dans les Ardennes, à Vouziers, une école porte le nom d’une de ses élèves : Dora Levi fut enlevée par les Allemands dans sa classe.

 

Concernant cette initiative donc, l’AFMD communique :

 

AFMD est une association apolitique de transmission de la mémoire de la déportation, mémoire qui n'est la propriété de personne mais le devoir de tous, qui doit nous réunir. Ce projet correspond à nos buts, notamment en cette période de transition vers l'ère de l'après-témoins, où la priorité est - encore davantage - la transmission aux jeunes générations. Le petit livret très documenté réalisé par Philippe Lecler donne les éléments historiques justifiant  ce projet, à l'image de ce qui a été fait à Vouziers avec l'école Dora Levi .Hélène a vécu des conditions de déportation particulièrement terribles, restée toute seule, sans famille ni amis ou connaissances au camp de Drancy du 20 janvier au 30 mai 1944, avant d'être déportée puis exterminée à Auschwitz. Nous avons déjà publié en ces termes, le 1er  mai 2010, à l'occasion de la commémoration de 2010 : Non seulement Hélène a été gazée du seul fait d'être née, mais elle n'a toujours pas d'acte de décès conforme à l'état-civil : pour ce faire, il faut attendre que le journal officiel publie l'arrêté permettant qu'y soit  transcrite la mention "mort en déportation". Ainsi, jusque dans la mort, sa personne est niée.

Quinze minutes par an, le temps d'une cérémonie, on rappelle le crime contre l'Humanité, qui est un crime contre chacun d'entre nous, contre nos enfants, et tous ceux à venir. Cela ne réclame-t-il pas un instant solennel de recueillement, et de rappel des faits sans lequel aucune mémoire, ni aucun engagement ne sont possibles. "Puisque les morts ne peuvent plus se taire, est-ce aux vivants de garder leur silence ?"  (Jean Tardieu, L'honneur des Poètes)

Comme chacun des 11 400 enfants Juifs déportés de France, Hélène nous manque, parce que nous ne saurons jamais ce qu'elle aurait pu devenir : un grand médecin, un chercheur, découvreur de remèdes que nous attendons tous, ou une artiste, qui soigne ou embellit les âmes et les cœurs, pourquoi pas une élue dévouée au bien commun... mais aussi et surtout, une jeune fille puis  une femme que nous aurions appréciée, admirée, aimée ... celle que nous devinons dans les photos qui nous restent d'elle.  

La plaque commémorative, place de Caen, portant les noms d'Hélène et de ses parents, leur tient lieu de sépulture, puisque leurs cendres ont été jetées sur le sol du camp, dans l'intention d’éliminer toute trace : en inscrivant leurs noms dans ses murs, la ville de Rethel leur a rendu leur place d'êtres humains. C'est tout à son honneur. Elle a ainsi rendu vaine la tentative nazie de les déclarer à jamais Untermenschen » (« sous-hommes »), « Stück « (« objets ») et de les faire disparaître : que cela aussi soit rappelé chaque année, avec toute la solennité nécessaire.

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commentaires

Dov GURY 13/09/2012 09:42


 Enfant juif portant l etoile qui a reussi a echapper aux policiers francais et aux  allemands pendant l occupation je tiens a soutenir l action de ceux qui oeuvrent a
conserver la memoire de ceux qui ont etes deportes pour etre ensuite assasines a Auschwitz.Le nom d une victime sur une ecole est un acte educatif qui annonce a tous:JAMAIS PLUS!


Dov GURY


ISRAEL