
Témoignages sur l'enfance pendant la Shoah
Collection BOUQUINS
Que signifie grandir, jouer, rêver, lutter au sein d'une humanité ravagée par le génocide ? Qu'en était-il de l'enfance et des enfants durant la Seconde Guerre mondiale, lorsque les nazis menaient leur guerre d'extermination contre les Juifs et leur politique d'épuration contre les Tsiganes ?
Écrits pendant ou après les événements, les textes rassemblés ici, rédigés en une quinzaine de langues, français, polonais, allemand, tchèque, yiddish, hébreu, roumain, grec, espagnol, serbo-croate, hongrois, russe, italien, anglais - dessinent ce que fut l'effondrement d'un monde aux yeux des plus jeunes, et disent l'incroyable vitalité qu'ils déployèrent dans les ghettos et les camps.
Ils éclairent la perception que les enfants et les adolescents eurent de ce drame collectif et permettent de comprendre le regard, souvent sans concession, qu'ils portèrent sur les adultes.
Qu'ils prennent ou non forme littéraire, ces témoignages, ces poèmes et ces fables montrent l'importance qu'eut pour certains la possibilité de mettre en mots ce qu'ils vivaient et éprouvaient.
Les textes réunis ici, émanant de témoins inconnus autant que d'auteurs célèbres (Georges-Arthur Goldschmidt, Aharon Appelfeld, Imre Kertész, Elie Wiesel, Primo Levi), parfois inédits en français, ont été choisis et présentés par Catherine Coquio et Aurélia Kalisky, avec l'aide de plusieurs traducteurs et historiens.
Ils forment un livre unique qui propose, pour la première fois à l'échelle de l'Europe entière, un témoignage sur la Catastrophe telle qu'elle fut vécue par les enfants : ceux qui grandirent dans le pressentiment ou la certitude quotidienne de leur condamnation, et qui, s'adaptant au monde où il leur fallait vivre, firent de ces récits ceux de la vie même.

Ce long article a été publié dans le n° 996 de la revue Actualité Juive Hebdo du 18 octobre.Il met particulièrement en avant le travail mené par l'AFMD 08 dans la découverte de l'histoire des juifs de la WOL dans le département (qu'elle renvoie fort justement à son prédécesseur, Maurice Rajsfus).
Depuis la cérémonie de Bulson, les communes de Tétaigne et de Seraincourt ont rendu honneur aux justes qui ont participé au sauvetage de ces requis au travail forcé. Le village de Champigneul-sur-Vence se prépare lui aussi à une commémoration de cet ordre.
On nous permettra de remarquer que, plus de 60 ans après la Libération, les études sur la Shoah ainsi que les cérémonies commémoratives se multiplient dans le département : retour de la mémoire des juifs de la WOL, mais aussi du Judenlager des Mazures, dû au travail exemplaire de J.E. Andreux, plus modestement les recherches de P. Lecler sur la famille Cyminski à Rethel... Ces recherches permettent de reconstituer un pan méconnu de l'histoire ardennaise. Leur poursuite est un signe de la vitalité de la recherche historique dans notre département sur des objets nouveaux et jusque là négligés.
Sauveteurs d'étoiles en Ardenne par C.Dollard-Leplomb
Editions Terres Ardennaises, Charleville-Mézières
128 pages , 50 photos , prix : 12 euros .
«Un gros camion allemand s'arrête devant la maison ... Je crois que je respire mal .C’est Henri qui arrive . Pourquoi il part sans rien me dire ? Non , je ne veux pas . Non , pas Henri . Je suis certaine qu’il n’a rien fait de mal ... Mais qu’est-ce qu’il y a dans ma tête qui me fait si mal ? Est-ce que je crie ? est-ce que je rêve ? Alors vite, Jésus ! fais-moi un rêve à l’envers...
…C’est fini . Le camion est parti . C’est le silence sur toute la terre . Je sens un plus jamais autour de moi . Je suis une toute petite fourmi presque écrasée . »
Voilà comment Bernadette Ducloux , alors adolescente après-guerre , décrit la rafle des Juifs et l'enlèvement de son camarade d'école Henri Pitkowski , 9 ans , déporté de Beaumont-en-Argonne le 4 Janvier 1944 , puis gazé à son arrivée à Auschwitz .
C'est le sort auquel les « Justes » des Ardennes ont soustrait environ 110 Juifs ce jour-là , parmi les ouvriers agricoles de la WOL encore présents , au nombre d'environ 340 .
Ils l'ont fait au péril de leur vie .Cela méritait d'être raconté , car « citer , c'est ressusciter » ,comme le dit un proverbe kabyle.
L'un des miraculés dit en 1945 :« Et si l'humanité n'est pas bien belle en ce siècle , il y a des exceptions qui sont à honorer ... (Simon Krajcer , 42 ans à Bulson) .
Par cette phrase , il exprime exactement la raison d'être de ce livre .
Un autre dit en 2006: « De cette période 1940-1944, je garde comme une lueur dans la nuit le souvenir de la population des Ardennes, de son sens de l’accueil et de l’hospitalité, de sa discrétion... »(David Dawidowicz , 20 ans à Fraillicourt)
Ce livre vous invite à découvrir comment les Justes des Ardennes ont fait briller l'étoile à leur façon .
