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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 11:37

Mardi 18 octobre 2011 a eu lieu à la mairie du 11è arrondissement de Paris la présentation du livre Fragments d’histoire, lambeaux de mémoire.

 

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Les AMEJD, associations pour la Mémoire des enfants juifs déportés, œuvrent à la pose de plaques portant les noms des élèves déportés dans les écoles de la capitale, et dans les jardins ou squares pour les petits qui n'étaient pas encore scolarisés.

 

L’AMEJD du 11è avait contacté l'AFMD des Ardennes au sujet des enfants Lisoprawski Rosa 9 ans, Paulette 8 ans, Samek 7 ans et Daniel 4 ans, raflés à Poix-Terron et déportés sans retour avec leurs parents : Mendel et Rywka , boulangers dans le 11è. Nous avons pu fournir de nombreux documents conservés aux archives départementales, et nous avons signalé à l'AMEJD deux enfants qu'elle n'avait pas identifiés : Denise Tyszler 4 ans et son frère Sylvain 2 ans, raflés à Chagny et déportés sans retour avec leurs parents, Fiszel ouvrier brocheur en chaussures, et Chana Szarlit son épouse.  Ces familles faisaient partie, de 1942 à 1944 des ouvriers agricoles juifs de la WOL des Ardennes.

L'AMEJD du 11è a fait une large place aux enfants déportés des Ardennes dans cet ouvrage collectif très documenté. Qu'elle en soit remerciée.

 

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C.Dollard-Leplomb présente l'histoire de la WOL des Ardennes à la mairie du 11è le 18 octobre 2011.

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 09:35

Samedi 1er octobre 2011 a eu lieu l'inauguration de la stèle à la mémoire des déportés de Beaumont-en-Argonne

 

Behar Raphaël 1893  coupeur de casquettes

Ber Peretz 1899          charpentier  

Mandelsaft Chaïm 1920  coiffeur 

Mandelsaft   Silig  1884   friseur

Mandelsaft Sabine  1923  coiffeuse

Pitkowski Saul 1898   tailleur

Pitkowski Henri 1934  écolier

Reznicow-Winer Ita 1906   finisseuse

Reznicow  Henri 1931 écolier

Symckowicz Isaac 1898 tailleur piqueur

Szajer Aba 1891  repasseur

à l'invitation de Guy Joseph, maire et de l'AFMD, en présence de Béatrice Obara sous-préfet, de Marie-Agnès Hyon-Paul directrice de l'ONACVG et de Pierre Vernel vice-président du Conseil général,  les nombreux participants  ont  été très marqués par le caractère exceptionnellement solennel et  poignant de cette cérémonie qui s'est déroulée dans le recueillement, en présence de survivants des familles Ber, Mandelsaft  et Weisz, et des enfants des Justes les ayant sauvés : familles Ducloux, Tinant, Quatreville, Pelzer et André.

L'objectif prioritaire de la transmission de la mémoire de la déportation a été atteint grâce à la participation remarquée des élèves de l'école du village, sous la direction de Pascal Chaffaud. La lecture des souvenirs d'une enfant de Juste a été magistrale (lire le compte rendu du journal L’Union).

Rectificatif : c'est Michel Piquard, autrefois camarade de classe des écoliers juifs déportés de Beaumont, qui a lu le poème écrit par le regretté Daniel Dion.

Extrait du discours prononcé par C.Dollard-Leplomb pour l'AFMD :


....Ainsi, dans la nuit du nazisme, la lumière des Justes s’est levée sur la France, où on relève le chiffre  de 25% de Juifs déportés alors qu’il s’élève à 80% voire 90% dans le reste de l’Europe. Au péril de leur vie, les Justes ont agi en conscience, et avec leur cœur, sous le coup d’une exigence qui primait toutes les autres. Beaucoup sont demeurés anonymes, n’ont pas cherché la reconnaissance. Ils ont souvent été aidés par leur entourage, l’armée des ombres modestes de la Résistance, laquelle a payé  aussi un lourd tribut à la déportation.
Grâce aux Justes, nous pouvons  accueillir aujourd’hui :
Cécile et Micheline Ber sauvées avec leur mère par Mme Clémence Ducloux ,
Daniel Weisz, sauvé ainsi que ses parents par Raymond Tinant et Mme Madeleine André de la ferme de la Forge.
Il y avait aussi Charlotte Rozencwajg 11 ans, sauvée par Mme Léa Quatreville, postière du village (fils présent), tandis que son père était sauvé par Mr François Pelzer, de la ferme de  Maugré à Carignan.
Il y avait la petite Rose Cola, 5 ans, et sa sœur Chana, 11 ans  sauvées avec leur sœur Fanny 22 ans et leurs parents, certainement par Mr Louis Adam, bûcheron. Malheureusement, deux enfants : Henri Pitkowski, 10 ans, et  Henri Reznicow, 13 ans, partent dans le convoi des Ardennes, avec  39 enfants de moins de 18 ans et 32 jeunes de 18 à 25 ans. Le plus jeune, René Kornberg, né à Sedan le 15 Juillet 1943, n’avait que 5 mois et demi.
Je vous laisse méditer cette question à jamais sans réponse : Qu’auraient fait de leur vie les 11 400 enfants de France et les milliers d’enfants d’Europe exterminés à Auschwitz ? Quelques grands médecins ? Peut-être des biologistes qui nous manquent aujourd’hui ? On voit là que « Tuer les autres, c’est se tuer soi-même » et que le  crime contre l’Humanité s’est perpétré contre nous tous.
Merci ! ... aux gens de Beaumont, d’avoir gravé le nom des déportés dans le marbre : c’est leur rendre un petit peu la tombe à laquelle ils n’ont même pas eu droit. C’est pour nos enfants, les enfants de France, d’Europe et du monde, pour les générations à venir que nous devons  combattre l’ignorance. Apprenons-leur ce que les Humanistes ont toujours su, et que les scientifiques, comme Yves Coppens, ont confirmé récemment : il n’y a pas plusieurs races d’Hommes, il n’y a qu’une seule espèce humaine Homo Sapiens. Enseignons l’Histoire, et invitons notre jeunesse, comme c’est le cas aujourd’hui, aux commémorations sur les lieux de mémoire. Il faut plus que jamais réunir activement autour de la devise de notre République Française : Liberté Egalité Fraternité, tous ceux qui la défendent, quelles que soient leur religion, leur origine ou  leur ethnie, parce que nous ne serons jamais trop nombreux pour ce faire. Au nom des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, je vous remercie.
Beaumont-en-Argonne, le 1er octobre 2011 Inauguration de la stèle à la mémoire des ouvriers agricoles Juifs déportés à Auschwitz.

 

PICT0008Bernadette Ducloux-Cinkus, fille de Clémence qui sauva Cécile Ber (à droite), ses deux sœurs et sa mère, tandis que le père, Peretz Ber,  était raflé et déporté sans retour.

 

PICT0009

  Bernadette Ducloux, très émue après que la jeune Pauline, élève de l'école de Beaumont , ait lu ce texte qu'elle a écrit après-guerre. Il s'agit de ses souvenirs d'écolière et de son meilleur camarade de classe : Henri Pitkowski, 9 ans, déporté sans retour.


Texte lu par Pauline :

…peu de temps après, un gros camion s’arrête devant la maison…

la bâche est relevée, des gens à l’intérieur sont habillés comme pour aller à la messe…

je reconnais des enfants.

Mais où ils vont ? Personne ne parle à l’intérieur.

C’est comme si des nuages entraient en moi, je crois que je respire mal.

 

C’est Henri qui arrive.Pourquoi il part sans rien me dire ?

 Non, je ne veux pas !

 Non, pas Henri ! Je suis certaine qu’il n’a rien fait de mal .

Je l'appelle, je lui tends la main.

Prends-la, je t'en prie, reste avec moi s'il-te-plaît.

Tu seras mon frère, je le dirai. Elle voudra bien et  lui aussi.

Pourquoi ils rient les soldats ?

Henri ne rit pas lui. Les soldats  le soulèvent et le mettent dans le camion.

 

Mais qu’est-ce qu’il y a dans ma tête qui me fait si mal ? Est-ce que je crie ?

Est-ce que je rêve ? Alors vite, Jésus ! fais-moi un rêve à l’envers.

Et demain je donnerai la main à Henri  pour aller à l’école, ou pour cueillir des framboises derrière le lavoir ...

Jésus ...mais qu'est-ce que tu attends ? Je pleure à cause de toi.

 

…C’est fini. Le camion est parti. C’est le silence sur toute la terre.

Je sens un « plus jamais » autour de moi.

Je suis une toute petite fourmi presque écrasée. »

 

Voici deux extraits de messages adressés par des descendants d'enfants cachés dont

le père a été déporté :


Grâce à vous, nous avons vécu et partagé un moment intense d’émotion, de communion et de transmission de notre mémoire, Samedi dernier à Beaumont en Argonne. J’ai été ravie de faire votre connaissance, et de rappeler à notre souvenir des personnes qui ne sont plus là pour beaucoup, mais dont les actions remarquables ont permis de sauver des innocents, nous permettent à nous-mêmes d’être présents, et enfin nous permettent de garder espoir dans l’humanité, malgré tout.


Après cette cérémonie de samedi 1er octobre, nous sommes "différents", car il y a eu une grande fraternité entre tous les participants et l'on a pu évoquer le courage des Justes des Ardennes. Notre peine a été partagée en luttant contre l'oubli. La présence des enfants de Beaumont et de leur instituteur pérennise le travail que vous avez accompli. Nous vous remercions sincèrement, car cette plaque est désormais un lieu de recueillement. Les déportés étaient dans le même camion bâché, lorsqu'ils ont été arrêtés et sont ensemble sur cette plaque presque blottis et
reconnus au grand jour. Maman m'a dit tout à l'heure que c'est comme une tombe, ce qui nous a cruellement manqué. Merci, merci. L'accueil des Beaumontais et Beaumontaises nous a touchés et était exceptionnel.

 

 

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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 17:15

Bonjour à vous, adhérents, anciens adhérents et sympathisants d'AFMD.
Veuillez trouver ci-dessous et en pièce jointe une invitation à l'inauguration d'une stèle à la mémoire des déportés de  Beaumont-en-Argonne. Parmi eux : deux enfants. Leurs camarades de classe, des enfants cachés survivants, des familles de Justes, des témoins seront présents.

La cérémonie  associe l'hommage aux Justes à la mémoire des déportés. Nombre de Justes ne seront jamais reconnus officiellement par l'institut Yad Vashem, faute de possibilité de remplir les conditions de constitution du dossier. Les hommages qui leur sont rendus à l'occasion de ces manifestations exceptionnelles et la publication des recherches effectuées à cette même occasion sont donc importants.

Nous avons  fait inscrire presque  la moitié des noms des 220 déportés des Ardennes suite à la grande rafle de janvier 1944. Chaque nouvelle stèle se fait après proposition au maire, suivie de contacts de travail pour finaliser le projet. Après Puilly-Charbeaux, Tétaigne, Bulson, Champigneul-sur-Vence, Nouart et Beaumont-en-Argonne, nous envisagerons des contacts dans le Rethélois, en espérant la possibilité de regouper les noms sur un monument commun aux communes de Seraincourt, Fraillicourt et Remaucourt.

Vous pouvez imprimer ou recopier manuellement le feuillet-réponse si vous souhaitez participer au repas qui suivra la cérémonie.
Sincères salutations,
Christine Dollard-Leplomb

Vous ne recevrez pas d'invitation sur papier par souci d'économie de timbres et d'écologie. L'invitation par courriel la remplace.

 

 

La déportation de juifs étrangers qui furent des travailleurs "volontaires" non internés, est un cas unique en France. La découverte tardive de cette histoire entraine pour AFMD un travail considérable de recherche et de transmission de la mémoire. Notre délégation ardennaise compte à ce jour 24 adhérents. Bien que ce nombre soit dans la moyenne nationale, je souhaiterais que nous puissions l'augmenter et je vous sollicite à cet effet.
Nous avons besoin de votre  soutien :
AFMD ARDENNES siège de droit au Conseil départemental de l'ONAC , et dans sa Commission mémoire. De plus, nous avons l'agrément du ministère de l'Education nationale pour intervenir dans les établissements scolaires.
Je vous adresserai en décembre une invitation à renouveler votre adhésion et à trouver de nouveaux adhérents, en janvier prochain, au titre de 2012.

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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 16:05

« En mémoire aux Justes de France qui ont caché et sauvé des juifs au péril de leur vie. Leurs noms sont à jamais gravés au mémorial de Yad Vashem à Jérusalem » : c'est l'inscription qui figure sur le petit monument qui surplombe désormais la stèle dédiée aux victimes des crimes racistes et antisémites, place de l'Hôtel-de-Ville...

Lire la suite

 

 

 

 

En cette journée de commémoration, lire aussi le message d'Eugène Daumas, Président de L’Union Française des Associations Tsiganes (UFAT).

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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 07:15

  Entre 1939 et 1945, les Ardennaises et les Ardennais furent plongés dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale, tourmente souvent évoquée par Terres Ardennaises, dans des articles de sa célèbre revue et de livres pour la plupart épuisés. En 2008, l’équipe éditoriale avait décidé, pour marquer le 70e anniversaire de l’invasion de 1940, de revenir sur ce sujet en faisant appel une nouvelle fois aux témoins directs encore vivants et à leurs descendants, afin de réaliser un livre de documents, textes et photos.

Terres Ardennaises avait donc lancé, en collaboration avec les quotidiens régionaux l’Ardennais et l‘Union, les Archives départementales des Ardennes et le Musée Guerre et Paix en Ardennes,

couverture il y a soixante dix ans

une collecte qui s’est révélée si fructueuse que, par deux fois, elle dût reculer la date de sortie de cet ouvrage qui aura finalement (et définitivement) lieu à la mi-octobre de cette année 2011.

Vous y trouverez le résultat des travaux de Stéphane André, Jean-Émile Andreux, Marie-France Barbe, Nicolas Charles, Jean Diel, Christine Dollard-Leplomb, Anne François, Gérard Giuliano, Jacques Lambert, Michel Pion, Alain Renard, Jean-Claude Vion, et de Philippe Lecler. Ils traiteront les sujets suivants :

La « drôle de guerre », l’invasion, l’exode, la vie dans les Deux-Sèvres, en Vendée et dans les autres départements d’accueil, la vie quotidienne dans les Ardennes, les prisonniers, les travailleurs juifs de la WOL, le camp des Mazures, le courrier pendant la guerre, la résistance et la collaboration, la libération…

Les treize auteurs de cet ouvrage ont choisi plusieurs centaines de photos et de documents écrits, exhumés d’archives familiales pieusement conservées, pour une grande partie inédits, et qui en constitueront la richesse principale.

 

Format 21 x 30, 304 p. plus 48 en quadrichromie. 30 € en souscription (+ 5,35 € de frais d’envoi) jusqu’au 30 septembre. 38 € prévu à parution.

 

Pour imprimer un bon de souscription, cliquez ici.

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 19:00

Trois ans jour pour jour après les retrouvailles de Raymonde Nathanson avec Robert Maignan, gendre de Gabriel et Sara Cailac, la cérémonie très émouvante et solennelle en mairie de Mouzon, à l'invitation de Gérard Renwez, maire de la ville, les a réunis à nouveau, en présence des petits-enfants et arrière petits-enfants de Gabriel et Sara, ainsi que de nombreuses personnalités, dont Madame la sous-préfète de Sedan, M. Marc Laménie, sénateur, Mr Wiblet conseiller général, Mme Hyon-Paul, directrice de l'ONAC, le lieutenant-colonel Canivenq, délégué du Souvenir français, des représentants des élus locaux, du monde combattant et de la communauté israélite de Champagne-Ardenne.
La médaille était remise par Michel Harel, ministre près l'ambassade d'Israël à Paris, en présence de Didier Cerf, délégué régional de Yad Vashem, institut chargé d'instruire les dossiers de Justes parmi les nations. Cette distinction est la plus haute remise à titre civil par l'Etat d'Israël.
Tous ont salué le travail d'AFMD Ardennes qui a permis ces retrouvailles et l'aboutissement du dossier.

2011 0068
M. Wiblet , conseiller général, Michel Harel, ministre près
l'ambassade d'Israël à Paris, Madame Obara sous-préfet de Sedan
représentant le préfet N'Gahane, Marc Laménie sénateur, Gérard Renwez
maire de Mouzon, Raymonde nathanson, Christine Dollard-Leplomb,
présidente d'AFMD Ardennes, Didier Cerf, délégué régional de yad Vashem,
David Dawidowicz, surviant de la WOL à Fraillicourt, sauvé par la
famille WIMART.

 

 

2011 0124

  Le diplôme et la médaille : Didier Cerf, Raymonde Nathanson,
Robert Maignan 94 ans ,gendre récipiendaire pour Gabriel et Sara Cailac,
Michel harel, ministre près l'ambassade d'Israël à Paris.

Discours de C. Dollard-Leplomb au nom de l'AFMD

   

Mme le sous-préfet, Mr le ministre près l’ambassade d’Israël, Mr le sénateur, Mr le maire, Mmes et Messieurs en vos titres et qualités, Mesdames et Messieurs,

 

Je vous présente les excuses du Dr  Manfred Faust, archiviste de Hürth, près de Cologne, qui a œuvré là-bas de façon remarquable à la mémoire de la Shoah. La famille Erder, de Hürth était à Francheval.

 

Je salue la présence ici de David Dawidowicz, survivant de la WOL à Fraillicourt, sauvé avec tous les siens par la famille WIMART.

 

Je veux saluer la mémoire de Robert Pingard, décédé en décembre dernier, qui, par une seule phrase, m’a donné le fil conducteur qui m’a permis de vous retrouver :

« Le jour de la rafle, Raymonde Nathanson était en vacances à La Besace, elle a échappé… »

 

Ma chère Raymonde , merci d’être là, car grâce à votre présence, nous pouvons mieux mesurer à la fois la monstruosité du sort auquel vous avez échappé et la grandeur de M. et Mme Cailac qui vous y ont soustraite. Sort auquel n’ont pas échappé vos camarades, déportés des Ardennes :

 Hélène, Berthe  et Estéra Bielawska, 8, 12 et 17 ans  Isaac Blogowski  17 ans, Ginette et  Esther-Denise  Drager, 6 et 12 ans, et Maurice Flank, 12 ans de Bulson, Sonia  et Esther Abelanski 13 et 15 ans et leurs cousines Monique et Rachel Aizenberg 5 et 8 ans ainsi que Simon et Jacques   Goldstein 5 et 11 ans, avec  leurs cousins David, Jacques et Sarah Gutman 10, 12 et 17 ans  et  Maurice Morgenstern, 11 ans, de Puilly, Simon Harf, 16 ans de Sailly, Régine Goldberg 13 ans et  Blanche et  Albert Zynger, 5 et 8 ans de Brévilly, Jacques Joskowicz, 16 ans et  Jean   Kardesch 16 ans de Herbeuval, Micheline Kaplan, 15 ans, et Ernest Ornstein, 16 ans de Remaucourt, Daniel, Jamek,  Paulette et  Rosa Lisoprawski 4,8, 9 et 10 ans, Michel Mayerfeld, 2 ans de Poix-Terron, Anne  Nanasbaum, 15 ans, et Rosa Reich 17 ans de Chalandry, Henri Pitkowski, 9 ans, et Henri Reznicow, 12 ans, de Beaumont-en-Argonne, Annnette  Tribel, 4 ans de Singly, Sylvain et Denise Tyszler, 2 et 4 ans, de Chagny, Samy Uziel, 7 ans de Buzancy, Hélène Cyminski , 10 ans, de   Rethel, Dora Levi, 13 ans, de Vouziers, Michel  Baum, 2 ans, et  Sylvain Schildkraut, 12 ans, de Francheval, René Kornberg, 5 mois et demi, de Francheval, auxquels s’ajoutent 25 jeunes de 18 à 25 ans et les enfants ardennais déportés de leur lieu d’évacuation, comme Emilie Goldsand, Françoise Bader, les fratries entières des familles  Bernstein , Waldkirch, Herschlikowicz et tous les autres… En tout 11 400 enfants juifs de France parmi un million d’enfants juifs exterminés en Europe.

 

Je vous laisse émettre les hypothèses relatives  à cette  question à jamais sans réponse : « qu’auraient-ils fait s’ils avaient vécu ? Que nous manque-t-il qu’ils n’ont pu réaliser ? »

Question qui nous fait comprendre que « tuer les autres, c’est se tuer soi-même », et que chacun d’entre nous est concerné personnellement par la mémoire de la déportation et de l’extermination .

Votre père  David  Nathanson, russe réfugié en France en 1925, est frappé le 14 mai 1941 par la rafle dite du billet vert, qui vise les hommes  juifs étrangers, dont beaucoup s’étaient pourtant portés combattants volontaires en 1939 aux côtés de l’armée française.

Il est interné au camp de Joué, en Gironde, lorsqu’on lui propose d’être libéré à condition de s’engager comme ouvrier agricole « aux Ardennes », et en échange d’une promesse de protection pour sa famille. Il accepte, ainsi que tous ses camarades, et arrive le 29 mars 1942 à Bulson, où vous le rejoignez avec votre maman, Lyba-Esther, couturière d’origine polonaise, le 18 juillet  suivant.

Vous allez à l’école du village, mais en mars 1943, arrivent en nombre des Polonais catholiques déportés de la région d’Auschwitz qui révèlent la vérité ou une partie ?…

Le mois suivant à Bulson on arrête et déporte la famille Drager avec ses deux fillettes : vos parents comprennent que plus  rien ne protège les juifs de la WOL des Ardennes, et décident de vous confier à Gabriel et Sara Cailac, en juin. M. Cailac fait des tournées pour la coopérative de Douzy, c’est ainsi que votre père l’a connu. Peut-être ont-ils sympathisé parce que M. Cailac était gantier auparavant et votre père ouvrier maroquinier.

Madame Cailac, tenancière du café de La Bagnole, vous recueille et vous élève comme sa propre fille Evelyne. Vous allez à l’école du village à La Besace (M. Lecuivre), jusqu’en 1946, date à laquelle votre famille la plus proche, vivant en Angleterre, vous retrouve.

Parmi les témoignages unanimes sur les qualités de Mme Cailac, je citerai celui de Suzanne Majoie, amie d'enfance de sa fille : « Oh , là , là ! Elle était très attachée à mettre en pratique  ses principes religieux, vous savez qu’elle était protestante... Un jour, papa avait été appelé pour être juré aux assises. Elle lui avait écrit une lettre, pour lui demander de ne pas voter pour la peine de mort ! Elle a sauvé une petite Juive aussi…C'était quelqu'un de très bien Madame Cailac. »

 

 

Au moment de la rafle finale du 4 janvier 1944, 110 personnes furent sauvées par les habitants ainsi que par certains  Allemands ou par des gendarmes français.

 Honneur aux Justes, reconnus ou anonymes pour toujours, qui, en sauvant des vies ont sauvé l’Humanité.

 

françoise

 

 

En 2008, Françoise avait contacté l'AFMD, désolée d'avoir  manqué la

                                          rencontre avec Raymonde : « On habitait la ferme des Cendrières à l'époque.

                                      J'avais un vélo pour aller à l'école à La Besace, et je mettais pied à terre à La Bagnole

                                         pour accompagner Raymonde qui allait à pied. J'ai 4 ans de plus qu'elle…

                                              Elle ne vous a pas parlé de moi ? Mais si : vous lui direz "la

                                                rouquine des Cendrières", forcément, elle va se rappeler ... »

 

 

 

 

 

 

 

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 16:39

Conférence de J.P. Besse vendredi 8 avril à 18 heures aux Archives départementales des Ardennes, 10, rue de la Porte de Bourgogne à Charleville-Mézières : "Les fusillés. Répression et exécutions pendant l'Occupation. 1940 - 1944".

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 20:09

Aujourd’hui plus que jamais, il est indispensable de transmettre  la mémoire de la déportation, de transmettre la connaissance des faits historiques, crimes contre l'humanité amenés par les idéologies xénophobes, racistes et antisémites, aujourd'hui véhiculées par les négationnistes et les néo-nazis.
C’est exactement le but d’AFMD. Notre rôle est d’instruire sans relâche nos concitoyens, pour armer leur réflexion  et interpeller ainsi leur conscience, pour les inciter à s’engager dans tout ce qui fait Humanité .
Nous ne devons pas nous positionner dans le champ de l’actualité politique au quotidien, comme l’a fait notre bureau national ces derniers mois, au risque de

- Décourager nos adhérents qui appartiennent à la majorité mise en cause, alors que la vérité profonde de chacun est bien plus complexe que la lecture d’un étiquetage politique.

-Réduire AFMD au rang de courant d’opinion, alors que notre rôle est de transmettre l’histoire et la mémoire de la déportation, qui ne se discutent pas.

- Risquer de laisser admettre que le nazisme peut être une opinion. Or, le bureau national, le 5 mars dernier, se repositionnant dans le cadre républicain.

AFMD «  affirme qu’avec raison, la loi républicaine, faite par les élus de la nation, a posé des limites à la liberté d’expression : le racisme et les discriminations ne sont pas dans notre pays des opinions mais des délits, tout comme la négation des crimes contre l’humanité commis par le nazisme. »


L’extrême-droite, en  confisquant un temps les symboles républicains, tels le drapeau et la Marseillaise, a détourné des commémorations, perçues alors comme passéistes voire réactionnaires, un trop grand nombre de personnes et notamment les écoles primaires.

Je constate qu’il reste difficile d’intervenir en milieu scolaire. Derrière « le manque de temps » invoqué, des raisons plus complexes sont sans doute à décrypter, car il est difficile de comprendre alors pourquoi l’aide d’un intervenant est déclinée en ce cas.

Notre action à venir doit donc se situer en priorité dans ce champ de la jeunesse et de l’école, avec confiance : je peux témoigner à titre personnel à quel point on peut renverser la tendance en peu de temps.

Je souhaite également que nous puissions œuvrer prochainement  à la mémoire de la déportation des Tsiganes et à celle des Noirs. Là encore, seule  la connaissance de ces faits méconnus  peut contribuer à  éclairer nos concitoyens et à éviter de tomber dans le piège de la guerre des mémoires, fléau consécutif au communautarisme contraire à l’essence même  de la France.

Plus que jamais, en ces temps d’accélération des bouleversements historiques, où les peuples en souffrance nous disent que les valeurs que la France a données au monde sont universelles, il nous faut les enraciner chez la nouvelle génération.

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 20:03

1/Intervention :


- par Philippe Lecler auprès de Mme la Maire de Charleville, suite à une démarche de l’ADIRP, au sujet des noms manquants sur le mémorial de Berthaucourt.

On s’oriente vers la constitution d’un groupe de travail réunissant la FNDIRP, l’AFMD, et les associations concernées.

- par C.Dollard-Leplomb, auprès de M. le maire de Rethel, au sujet de la commémoration de la journée des déportés .(difficulté en 2010 en raison de la proximité de la foire au boudin blanc).

 

2/ Cérémonies ordinaires : Notre association a été représentée en 2010 

 

20 mars 2010 : cérémonie organisée par l’ADIRP au cimetière israélite de Sedan, puis au monument commémoratif  de la déportation.

25 avril 2010 : Journée de la déportation : à Berthaucourt et à  Rethel (par M. Launois)

26 mai 2010 : Remise des prix aux lauréats du concours de la résistance, et participation au financement.

29 Mai 2010 : cérémonie à Sommauthe (M. et Mme Delabruyère, boulangers du village, déportés)

16 juillet 2010 : Mézières : mémoire des crimes racistes et antisémites de l'Etat français et hommage aux "Justes" de France.

9 août 2010 : Nouart : hommage aux résistants et aux déportés du canton de Buzancy.

Août 2010 : Grotte de Floing : hommage aux fusillés.

Septembre 2009 : Berthaucourt : Commémoration de la Libération de Charleville, hommage aux résistants et déportés. Participation au financement de la gerbe (Eliane Carré-Lumbroso représente AFMD lors de la réunion de préparation)

 

3/ Accompagnement des familles et des associations (pèlerinages, recherches) : 

 

- Dossier enfants du 11è : à la demande de l’AMEJD (asso. de mémoire des enfants juifs déportés) du 11ème arrondissement de Paris, AFMD Ardennes a poursuivi les travaux  du dossier  concernant : les enfants Tyszler , déportés de Chagny .

- Accueil et accompagnement des familles en visite dans les Ardennes .

 

4/ Interventions en milieu scolaire  et en centre de vacances :

 

  • .Centre aéré du canton de  Buzancy, en juillet : 2 interventions en vue de préparer la commémoration de la libération du canton , à Nouart, le 9 août .
  • Concours national de la résistance et de la déportation : Outre sa participation au jury, AFMD a été invité à la rédaction des sujets.
  • Ecole primaire de Buzancy : novembre 2010, à l’occasion de la remise de la coupe de l’opération « Mémoire et sport », organisée par l’ONAC, intervention au sujet de Samy UZIEL, 9 ans, déporté de Buzancy .

 

5/Manifestations, publications :


  • Contribution à la réflexion nationale organisée par AFMD sur « l’ère de l’après-témoins ».
  • Travaux de Philippe Lecler sur le transport Compiègne-Buchenwald du 17/1/44, qui ont abouti à faire inscrire au mémorial de Compiègne des noms oubliés, dont celui d’Armel Guerne.
  • Colloque : « Autour de la Shoah dans les Ardennes » organisé avec le lycée Saint-Remi/Saint-Paul de Charleville. Participation aux travaux préparatoires, prêt d’exposition, contribution aux interventions (Philippe Lecler, C. Dollard-Leplomb)
  • Pièce de Théâtre : « Avec ou sans étoile », de Gérard Thévenin, par la troupe du Théâtre à pattes , de REIMS. Novembre 2010

En partenariat avec la médiathèque Voyelles de Charleville-Mézières, qui a œuvré à la bonne réussite de cette manifestation.

 

6/ Actions non réalisées :

 

- Plaque à Beaumont-en-Argonne : sa réalisation en 2011 a été confirmée le 15 Mars dernier par M. Guy Joseph, maire.

- Publication de l’historique des Juifs de la WOL : il est subordonné à la traduction du livre de Hersch Kaufmann, survivant de Balaives, 280 pages sur les juifs de la WOL des Ardennes écrites au lendemain de la guerre. C’est une source majeure impossible à contourner.

La traduction du yiddish au français, a commencé à s’effectuer laborieusement, grâce à une personne très âgée, qui en Israël, le traduit en hébreu. Le texte est ensuite retraduit en français.

- Développement des interventions en milieu scolaire : l’information diffusée par la voie du BDEN de l’inspection académique est inopérante . A nous de trouver d’autres voies.

 

7/ AFMD « national » 


Les contacts fructueux se sont poursuivis avec les DT de la Marne et de la Haute-Marne (échanges d’infos, d’expériences, de références, etc. Réalisation en cours d’un CDRom : 20 documents pour étudier la déportation en Champagne-Ardenne). 

 

8/Projets :


1/Attribution de la mention officielle « mort en déportation » et rectification des actes de décès inexacts et/ou incomplets.

C’est un problème national : le retard pris est inexpliqué et dangereux car il contribue à diminuer le nombre officiel des victimes.

Nous commencerons les démarches pour les enfants déportés des Ardennes, la plupart étant nés en France (exemple : les Rethélois Rachel et Icko Cyminski, et leur fille Hélène, ont un acte de décès collectif, établi par jugement, n’indiquant aucun lieu de décès et des dates inexactes, et sans la mention : « mort en déportation ».)

2/Constitution d’outils pédagogiques simples intégrant les faits locaux, concernant les adultes (résistants, politiques ou juifs)  et  les enfants déportés des Ardennes.

3/Poursuite des démarches auprès des communes pour l’apposition de plaques à la mémoire des déportés.

4/ Publication de l’histoire des ouvriers agricoles juifs étrangers à la WOL des Ardennes.

 

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 12:02
l'+®toile noire  negerin

Roman écrit à partir du carnet de Sidonie, d’origine  martiniquaise et  déportée en tant que « NEGERIN » de Bordeaux, carnet renvoyé à la famille  par une co-détenue.

Préfacé par Simone Veil, il a obtenu la prix de la Licra.

Publié en 1990 chez F.Bourin, en 2006 chez OH ! et chez POCKET.

Résumé : Bordeaux, 1943. Au cours d'une rafle, Sidonie et ses jumeaux âgés de cinq ans sont arrêtés: ils sont noirs et vont être déportés.
C'est dans l'angoisse et la puanteur du train que commence le long voyage qui mènera Sidonie et ses enfants jusqu'à Auschwitz. À leur arrivée, Désiré, son fils, lui est enlevé; le sort de sa fille sera plus funeste. Quant à Sidonie, son destin l'attend au camp de Ravensbrück. ... 
C'est en puisant dans ses racines martiniquaises qu'elle parviendra à lutter contre la souffrance et la folie. Dans ce camp où tout est horreur, Sidonie trouvera aussi le courage de se battre en invoquant la mémoire de ses ancêtres africains, esclaves et révoltés, qui ont survécu à des siècles d'oppression...

Un livre qui illustre de façon poignante, terrible et juste, la certitude qu’il ne faut pas tomber dans le piège de la guerre des mémoires.

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Des victimes oubliées :

« Il y a eu deux types de déportés noirs. Les Afro-Allemands, originaires des anciennes colonies du Reich qui vivaient en Allemagne avant guerre. Ils étaient environ 24 000.

Lorsqu’ Adolf Hitler est arrivé au pouvoir, il a envoyé beaucoup d’entre eux en camp de concentration. Et puis il y a eu tous les autres Noirs qui se trouvaient en Europe et qui se battaient contre le IIIe Reich : Français, Anglais ou encore Américains. Certains d’entre eux, capturés au front, ont été expédiés dans les camps de concentration. Le nombre de victimes n’est pas établi mais on l’estime à plusieurs milliers. » (Extrait des « Documents annexes » du roman)

 

Précisons que le nombre des combattants noirs déportés a été réduit du fait qu’ils ont souvent été assassinés froidement sur place, aussitôt  après avoir été faits prisonniers. Leur nombre est impossible à établir, puisqu’ils ont été recensés comme morts au combat : les rares survivants  des combats de 1940 en France en parlent aujourd’hui encore avec hésitation et hors caméra. Le cas le plus connu est celui du capitaine N’Tchoréré, abattu devant ses hommes, et son corps  écrasé par les chenilles d’un char pour avoir osé se conduire en officier français.

 

http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/page/affichecitoyennete.php?idLang=fr&idCitoyen=22

 

http://kamitewoman.over-blog.com/article-noirs-dans-les-camps-nazis-par-yves-marie-labe-des-noirs-dans-les-camps-de-la-mort-par-catherine-akpo-43774556.html

 

 

Nota : L'étoile jaune portant l'inscription "Negerin" (nègre) n'est pas un élément historique mais une libre illustration du titre du livre .

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Published by afmd 08
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